L’ANEMIE ET SON TRAITEMENT

L’anémie, c’est un nombre insuffisant de globules rouges (on les appelle « hématies »). Ces globules rouges ont pour rôle de transporter l’oxygène, extrait de l’air par les poumons, à l’ensemble de l’organisme. Lorsqu’il n’y a pas assez de globules rouges, les organes et les tissus sont en manque d’oxygène et  leur fonctionnement peut être altéré. Parallèlement, le cœur  travaille plus vite et plus fort  pour tenter d’apporter quand même une quantité suffisante d’oxygène à l’organisme.

Les conséquences peuvent être multiples :
– le cœur se fatigue
– le sujet se sent essoufflé, fatigué
– sa qualité de vie diminue
– ses fonctions intellectuelles peuvent être altérées (à long terme)

On constate généralement une diminution de la résistance aux infections et les sujets anémiés chroniques sont plus souvent hospitalisés que les autres.Les causes d’anémie sont nombreuses et les plus fréquentes sont :
– la carence en fer ou en vitamines du groupe B (notamment chez les sujets âgés)
– des maladies chroniques, en particulier le cancer et l’insuffisance rénale
– des hémorragies aiguës importantes ou des hémorragies chroniques internes (donc plus difficilement détectables)b/ Les cancéreux.

La quasi-totalité des malades atteints de cancer est concernée. Les mécanismes sont multiples :
– la chimiothérapie, de même que la radiothérapie diminuent la capacité de la moelle à fabriquer des hématies (l’atteinte est encore plus importante si les deux traitements sont associés)
– l’inflammation liée à la tumeur diminue l’efficacité de l’EPO
– des déficit nutritionnel (majorés dans certains types de cancers) peuvent réduire les apports en fer à l’organisme

Certaines tumeurs s’accompagnent de saignements qui aggravent l’anémie.L’EPO est réservée aux anémies graves (principalement celles des patients à risques vus plus haut). Les raisons en sont multiples :
– c’est un traitement efficace mais risqué
– c’est un traitement très onéreux
– sa mise en œuvre n’est pas simple.On va donc conduire le traitement en deux phases :
une phase dite d’attaque, destinée à remonter rapidement une hémoglobine très basse.
Une phase d’entretien, à posologie plus faible, lorsqu’on commence à se rapprocher du taux « cible » d’hémoglobine, à la fois pour ne pas dépasser ce taux et parce qu’il convient
de ne pas remonter trop vite.Les effets indésirables de ces molécules (on parle d’EPO en général, mais en fait il existe plusieurs principes actifs proches les uns des autres) sont nombreux et touchent différents domaines. C’est pourquoi leur utilisation doit se faire en utilisant la plus petite dose efficace, toujours « pilotée » par la mesure de l’évolution du taux d’hémoglobine. Citons, parmi les effets indésirables principaux :

– hypertension : augmentation dose dépendante de la pression artérielle ou aggravation d’une hypertension préexistante. Elle est très fréquente chez les dialysés, un peu moins chez les cancéreux. Elle répond au traitement médicamenteux et impose une surveillance des chiffres tensionnels, en particulier en début de traitement.
– risques de thrombose (coagulation anormale qui bouche les vaisseaux sanguins) à manifestation variable selon le secteur de la circulation sanguine concerné.
– céphalées fréquentes à type de migraines violentes et à début brutal.
– atteintes des articulations, douleurs osseuses ou musculaires ….

Globalement, quelle que soit la molécule, environ 10% des patients subissent des effets indésirables.Les éléments essentiels sont ceux que nous avons déjà rencontrés : fer, vitamine B12 et aide folique. A titre préventif principalement (éventuellement curatif si l’anémie est légère), il est donc important de faire figurer dans l’alimentation des produits contenant ces éléments ; par exemple :
– épinards pour le fer
– foie de bœuf ou de veau pour la vitamine B12
– jaune d’œuf, foie, épinards pour l’acide folique.

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