Dans la Lune

40 ans après…

Pendant que j'étais en Islande, le monde entier a célébré les 40 ans du premier alunissage. L'exploit technique et humain fut considérable mais le principal défi fut finalement financier, raison pour laquelle l'alunissage est une pratique aujourd'hui abandonnée.

Au delà des considérations de prestige national, la conquête de l'espace a trouvé une utilité économique en ce qui concerne l'orbite terrestre, avec tous les satellites qui nous permettent de bénéficier de toute une série de services, des télécoms à la météo. Aller plus loin de manière durable suppose de trouver une utilité en plus d'une technologie appropriée.

Deux utilités sont habituellement prises en considération : la colonisation définitive et l'exploitation minière. Souvent, les deux sont mêmes associés, les colons étant avant tout des exploitants de mines ou de ressources naturelles extra-terrestres ayant une utilité sur Terre.
Or il est clair que ramener de la matière brute à travers l'espace coûtera une fortune. Si l'on doit exploiter les ressources d'une autre planète, il est donc probable que cela se fera avec une industrie de transformation (au moins de purification) sur place afin de ne transporter que ce qui est nécessaire et pas des déchets. Cela implique une installation sur place considérable digne d'une ville minière et d'une ville sidérurgique, avec tous ses services annexes (du médecin au boulanger).

Le choix des technologies a des implications financières fortes. Les actuelles fusées sont grosses consommatrices de carburants onéreux, lentes et pratiquement incapables de faire un voyage aller-retour. Cette technologie avait été choisie par les Allemands dans les années 1930 à cause du traité de Versailles qui leur imposait de ne pas fabriquer d'armes nouvelles (nucléaires par exemple) mais leur permettait d'améliorer les armes anciennes (comme les fusées). Américains et Soviétiques ont récupéré ces travaux et n'ont pas dévié d'un pouce des choix fondamentaux de Von Braun.

Aucune alternative n'a jamais été réellement étudiée alors même qu'il en existe ou, du moins, qu'on peut en concevoir intellectuellement !

Pour les matériaux inertes (poutres de stations spatiales par exemple), on peut prévoir des moyens d'envoi dans l'espace plus agressifs que l'accélération progressive des fusées avec une technologie de type "canon", c'est à dire à forte accélération initiale et recours à la balistique traditionnelle pour le reste. On peut ainsi envisager des canons électro-magnétiques envoyant des capsules contenant des matériaux et fonctionnant grosso-modo comme des accélérateurs de particules sauf que la masse accélérée fait quelques tonnes et que l'expulsion se fait vers l'espace et non vers des atomes lourds.

Pour les éléments fragiles, à commencer par les humains mais aussi les satellites, une accélération progressive est nécessaire, donc un moyen de propulsion embarqué. Là aussi, la propulsion électro-magnétique n'a jamais été sérieusement envisagée. Ce "moteur à plasma" fonctionne au moins sur le papier… avec plusieurs problèmes techniques qui peuvent être éliminés un à un. Le premier est l'alimentation énergétique, le second la résistance de des bobines par échauffement dû à l'effet ohm. Les deux peuvent être résolus par l'emploi de bobines en supra-conducteurs. Bien entendu, la mise au point reste à faire mais le concept existe et il est réaliste.

Le destin de l'homme est dans l'expansion continue de son espèce. L'espace est clairement sa prochaine étape. Mais nous piétinons tandis que meure notre planète. L'espace pourrait être notre salut en déversant notre trop-plein de population et en récupérant les ressources qui nous font défaut. Il est notre avenir, si nous avons encore un avenir.

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